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Emulation semaine 11 : hélice

 
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Dee
Ecrivain


Inscrit le: 10 Mai 2007
Messages: 40

MessagePosté le: Dim Mai 25, 2008 1:44 pm    Sujet du message: Emulation semaine 11 : hélice Répondre en citant

  Allez puisque Brendig tient le rythme je poursuis avec un nouveau thème :)
  
  période : 26/05/2008 au 2/06/2008
  
  thème : hélice
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brendigoo
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Inscrit le: 06 Mai 2007
Messages: 55

MessagePosté le: Lun Juin 02, 2008 11:08 am    Sujet du message: Ainsi va la vie Répondre en citant

  Monsieur Raul Dominguez n'aurait jamais imaginé que sa vie puisse effectuer un tel virage. A quarante-sept ans, Raul n'avait jamais voyagé, excepté pour assister à l'enterrement de sa mère ou pour supplier son fils de le laisser voir ses petits-enfants. Il avait effectué ces deux trajets d'une traite, au volant de sa superbe berline équipée d'un GPS dernier cri. Avec l'argent que lui rapportait son entreprise de maçonnerie, il aurait pu arpenter le monde et découvrir des dizaines de cultures différentes. Mais Raul Dominguez préférait acheter les maisons du quartier de la ville qui l'avait vu grandir. Ce passe-temps lucratif l'obsédait à tel point que sa vie affective se réduisait désormais à son vieux chien Pandore et à ses employés. Il s'adressait aux seconds à peu près de la même façon qu'au premier. Ordres, flatteries, menaces, récompenses et de temps à autre un geste anormalement chaleureux qui trahissait les manques de ce quadragénaire à la vie en apparence si parfaite.
  
  Raul rentrait d'une longue journée passée à inspecter ses différents chantiers. Il avait enchaîné sur un rapide parcours de ses maisons pour s'assurer que ses locataires ne dégradaient ni les jardins ni les façades. C'était surtout une occasion de discuter avec des gens sur qui il avait un ascendant. Il louait ses biens à des prix plutôt modestes, non par bonté d'âme, mais parce qu'il adorait créer des relations au sein desquelles l'autre se sentait redevable. Un psy aurait sûrement assuré qu'il reproduisait un schéma maternel - à condition que Raul ait consenti à lui parler de sa mère - mais pour ce qu'il s'en foutait des psys. José, son fils, lui en avait dit des vertes et des pas mûres. Sa femme, Nina, avait déversé lors du divorce tout le fiel qu'elle avait emmagasinée pendant ces vingts longues années de vie conjugale. C'était cela qui lui avait le plus mal. Car il l'aimait sa Nina, avec ses yeux de biches et son air mutin, sa peau d'albâtre et son corps potelé. Qu'elle lui fît le reproche de son excès d'ardeur au travail, d'acheter son absence par de menus cadeaux, soit, mais qu'elle le traitât de monstre d'égoïsme, indifférent aux sentiments des autres, c'était...c'était...si éloigné de la vérité.
  Ce soir, fourbu, un verre de cognac à la main, Raul ruminait d'un oeil morne les salmigondis de son divorce. Il avait bien essayé de se regarder en face. Un tel déferlement de méchanceté à son encontre devait bien trouver une partie de son fondement dans quelques défauts de sa personne. Mais plus il retournait ces foutaises dans sa tête et plus il se convainquait que le seul coupable à son malheur était l'alcool. Les bleus de Nina, les engueulades avec José, les mots qui blessent, qui coupent et qui font mal, ils n'émanaient pas directement de lui mais d'une déformation du cognac, du whisky, et des vapeurs éthyliques qui voilent la réalité le temps que dure la cuite. Il se montrait repentant pourtant le lendemain, essayait de se rachetait, d'expliquer, mais sa femme et son fils faisaient la sourde oreille. Il ne leur demandait pas de la compassion – il endurait son calvaire en sachant que les autres en souffraient également – mais simplement de comprendre, comprendre que Raul Dominguez ne pensait pas un fifre mot de ce qu'il disait le soir, et qu'on ne saurait lui faire le reproche de répéter les addictions alcooliques léguées par son salopard de père. Ils les aimait bon sang ! Quand il était sobre il leur avait montré plus d'une fois. Foutus ingrats ! Son fils, qu'il crève avec ses marmots et sa blondasse de femme. Et Nina ? Nina, qu'elle aille se faire foutre avec sa sclérose en plaques. Encore une excuse pour essayer de le faire culpabiliser. Le pire, c'est qu'elle y arrivait fichtrement bien.
  Il but jusqu'à minuit. Pandore s'était réfugié dans le cagibi, sous des cageots. Les soirs de cuite, il savait qu'il ne faisait pas bon de rester à traîner dans les pattes de son maître. Raul regarda la photo de Nina posée sur sa table de nuit, puis la fit valdinguer d'un revers de la main. Il se roula péniblement sous sa couverture, puis s'affala comme une masse. Quelques pensées concupiscentes et de rapides mouvements du poignet achevèrent le travail de sape du cognac et Raul plongea dans le monde des rêves avec un râle presque sépulcrale.
  
  Une hélice gigantesque, de la taille d'un immeuble, tournoyait en face de lui. Ses immenses lames métalliques arrachaient des plaintes sifflantes à l'air et frôlaient son front à moins d'un centimètre. Il distinguait son visage déformé dans l'acier des lames en mouvement, un visage en lame de couteau, émacié, un visage qui lui faisait peur.
  - C'est de cette façon que les gens te perçoivent, Raul, lui dit une voix.
  Raul se rendit compte qu'il ne pouvait pas bouger la tête. Un cercle froid lui enserrait la tête. Il pouvait seulement l'avancer, mais avec les lames qui fusaient, cela équivalait à se donner la mort. Comme il ne pouvait déterminer l'origine de la voix, il supposa que quelqu'un lui parlait de derrière.
  - C'est quoi, ça ? Vous êtes un cinglé ? Vous voulez de l'argent ?
  La voix ne répondit pas tout de suite, comme si son tourmenteur prenait plaisir à le voir gesticuler dans son anneau de métal, comme un lapin pris dans un piège à loup.
  - Regarde l'hélice, Raul, c'est l'hélice de ta vie. Elle tourne sans fin, sans but. Elle est centrée sur elle-même. L'approcher n'apporte rien de bon, sinon des bleus, ou la mort. Elle est froide, dure, d'une élégance artificielle. Elle tourne vite juste pour montrer qu'elle est la plus rapide, mais elle tourne si vite qu'elle ne voit pas les autres. Juste des ombres dans ta vie, des silhouettes que tu reconnais mais que tu n'as jamais pris le temps de découvrir. Contemple la cette hélice, et vois si tu veux continuer à vivre de la sorte.
  Il fallut un certain temps à Raul pour saisir le sens de la métaphore.
  - C'est faux, s'exclama-t-il, manquant avancer la tête jusqu'aux lames meurtrières. C'est faux ! Ce n'est pas ma vie.
  Plus il niait et plus il perdait en conviction. La voix le laissa se justifier pendant un long moment. Puis Raul passa aux insultes, aux menaces. A la fin, il crut que la voix s'était tue à jamais. Il commença à s'excuser de s'être emporté, regretta ses paroles, reconnut qu'il y avait du vrai dans ce qu'elle lui avait dit. Alors qu'il pensait sincèrement qu'il finirait le reste de sa vie seul face à cette hélice létale, la voix s'adressa de nouveau à lui.
  - Je te le demande, Raul Dominguez, veux-tu toujours de cette vie ?
  La question était ambiguë. S'il répondait non, son bourreau ne considérait-il pas qu'il voulait accueillir la mort ? Pour ne laisser aucun doute subsister, il dit :
  - Non, je veux changer de vie. Je ne veux plus être ce monstre d'égoïsme.
  En s'entendant répéter les paroles de sa femme, Raul se demanda si ce n'était pas son épouse qui était derrière cette machination. Il aurait très bien pu utiliser un appareil pour modifier sa voix. Mais alors même que naissait cette pensée, il eut la conviction que ce n'était pas elle. La voix avait quelque chose extrêmement familier. Il aurait juré qu'il connaissait la personne et qu'il s'agissait d'un homme.
  - Alors, reprit la voix, ton choix est fait. Avance. Avance et mets un terme à cette vie ridicule. Arrête de la gâcher en brassant de l'air. Cesse de tourner sur toi et découvre le monde, découvre les autres.
  Raul ne comprit pas tout de suite. La voix lui demandait-elle de se tuer ? Ou bien était-ce juste un moyen de tester sa motivation et quand il s'avancerait l'hélice cesserait de tourner ? Il ne se sentait pas prêt à prendre un tel risque. Il questionna la voix, à maintes reprises, lui demanda des précisions. Mais celle-ci demeura muette. Une heure sembla s'écouler, puis deux ou trois. Le vrombissement des lames bourdonnait à présent à ses oreilles comme des cris de banshees, des hurlements annonciateurs de son trépas à venir. Raul venait de se décider qu'il ne se tuerait point quand il distingua le visage de sa femme à travers l'hélice qui devenait translucide. Puis son fils, José, sa femme et leurs deux enfants lui apparurent. Ils se tenaient simplement là, à le regarder d'un œil doux, sans une once de jugement.
  « C'est ta dernière chance. », crut-il lire sur leurs lèvres, à l'unisson.
  Avec l'hélice il ne les entendait pas.
  Peu à peu, Raul sentit un poids immense qui quittait sa poitrine. Il se sentit plus léger. Des larmes coulaient abondamment sur son visage. Quelque chose dans le mécanisme de sa pensée-ritournelle se grippa et une nouvelle conscience s'empara de son âme. Il porta un regard neuf sur sa vie. Il réalisa le mal qu'il avait causé autour de lui et le simulacre de vie auquel il s'était adonné. Le souffle de l'amour, qu'il pensait connaître, se mit à tourbillonner autour en en lui, en une folle farandole portée par une musique magnifique, dans un crescendo d'euphorie. Bouleversé, il voulut rejoindre Nina, José et ses petits-enfants. La lame lui trancha la tête au niveau du front.
  
  Raul se réveilla dans son lit avec une migraine comme il n'en avait jamais eu. D'habitude il gérait plutôt bien les lendemains de cuite. Tout son front pulsait et il se sentait désorienté. Soudain le rêve lui revint à l'esprit. Il allait commencer à se dire que ce n'était qu'un rêve quand il réalisa que cette expérience avait été bien plus que cela. Il ne croyait pas en Dieu, mais le concept de seconde chance n'était pas prohibé par la forme d'athéisme qu'il cultivait. La prise de conscience était toujours là. Il se leva et contempla ce visage mal rasé et rougi par l'alcool dans le miroir de sa chambre. Il prit le temps de s'examiner, comme s'il venait de naître. Il toucha sa peau, ébouriffa ses cheveux. Puis son regard se porta sur la bouteille de cognac posée sur la commode.
  - Tu peux aller dire à ton maître que j'en ai fini de tes services. Ah, et dis-lui aussi qu'il aille se faire voir.
  Il ria, de bon cœur, comme il ne l'avait pas fait depuis une éternité. Il jeta la bouteille dans la poubelle, prit une douche en sifflotant et s'habilla. L'horloge du salon indiquait cinq heures. Cela lui laissait deux bonnes heures pour mener à bien ce qu'il avait prévu. Au pire, il préviendrait ses employés de son retard.
  Il saisit l'adresse de son calepin dans le GPS de la berline, puis mit le contact et suivit les instructions de la voix.
  « Tournez à gauche à la prochaine intersection. »
  La situation fit agréablement écho au rêve de cette nuit.
  « Mais j'aurais très bien pu tourner à droite, si je l'avais voulu. » se dit-il en riant. Décidément, son sens de l'humour avait gagné en légèreté. Ses employés risquaient d'avoir du mal à s'habituer à ce changement.
  Il arriva enfin devant la maison. Le jardin mal entretenu préfigurait l'état délabré de la maison, avec ses lézardes et sa peinture écaillée. Le petit portail grinça comme des dents ou de la craie sur un tableau. Raul fit tinter la cloche pleine de toiles d'araignées. Au bout de plusieurs minutes, il entendit la claudication pénible d'une personne qui se traînait jusqu'à l'entrée. On regarda dans le judas, puis une voix fatiguée demanda :
  - Qu'est-ce que vous voulez, Monsieur ?
  Elle ne le reconnaissait même pas. Son corps avait-il également changé cette nuit ?
  - C'est moi, c'est Raul, Nina.
  Un silence.
  - Dégage ordure. Pourquoi viens-tu me tourmenter jusqu'à dans ma propre maison. Tu ne veux plus payer la pension, c'est cela ?
  Raul comprenait sa rancœur. Elle était plus que justifiée. Il se demanda comment il pourrait apaiser son courroux. Il avait plutôt l'habitude d'ergoter dans ce genre de situation. Mais il n'était plus le même Raul. Quand elle eut fini de parler, il dit enfin.
  - Je suis venu m'excuser, pour tout le mal que je t'ai fait, ainsi qu'à José, et voir si je pouvais essayer de réparer une partie de mes tords.
  Nina dût être frappée de perplexité, se demandant si c'était du lard ou du cochon, parce qu'elle demeura muette pendant un long moment. Sa méfiance ne découragea pas Raul. Il glissa une carte sous la porte et dit avant de s'en aller.
  - Tiens. C'est ma carte de visite. Je comprends que tu aies besoin de temps pour réfléchir. Appelle-moi quand tu sentiras prête.
  Il était presque au portail quand il se retourna et ajouta.
  - Je ne bois plus. Je ne bois plus, Nina, et je ne boirai plus jamais. Et je t'aime, de tout mon cœur.
  Il pleurait comme un gamin. Des passants regardèrent avec étonnement ce quadragénaire qui parlait d'une voix tremblante, seul, face à cette porte close, les yeux dégoulinants. Il se moucha dans sa manche puis regagna sa voiture.
  
  Quand le camion déboula sans tenir compte du cédez-le-passage, Raul ne le vit même pas arriver, tant ses yeux humides ne lui permettaient de voir que la route qui s'étalait devant lui. Le choc fut brutal. La berline, projetée contre un arbre, se plia en deux, puis retomba lourdement dans un chaos de tôle défoncée, de sang pulvérisé contre les vitres et de cervelle éparpillée. José descendit du camion et appela les secours sur son portable. Mais il savait qu'il était trop tard. Et dire qu'il venait voir son père pour lui demander de s'excuser et tenter de renouer des liens. Il voulait le faire ce matin, avant d'aller au travail. Il finirait probablement en prison avant d'avoir eu l'occasion de lui parler. Il s'assit sur une borne kilométrique et pleura. Il pleura et pria. Quand les sirènes des ambulances gémirent il ne les entendit même pas. Puis il reconnut la berline de son père. Il vérifia la plaque, passa un coup de fil à un ami de la police, et réalisa enfin qui il avait tué.
  - Papa...
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ath
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MessagePosté le: Ven Juin 06, 2008 3:46 pm    Sujet du message: Répondre en citant

  Jean grimpa en haut de l'échelle avec agilité. Il en rajoutait suffisamment pour attirer le regard d'Eliette, la fille du boulanger, qui venait leur chercher de la farine tous les jours.
  Il aurait fait beaucoup plus pour avoir la chance de lui attraper le menton et goûter à ses lèvres rosées, mais Eliette semblait ailleurs depuis des mois et elle ne le regardait même plus.
  Seulement ce matin elle eut un pâle sourire et cela lui redonna du baume au cœur.
  Voilà de quoi raviver une flamme, si petite soit-elle et, emballé par ce miracle, il se prit le pied dans la charpente et chuta de trois mètres.
  Eliette se garda bien de sourire par la suite.
  Le meunier l'avait chassée du moulin, furieux de voir son fils boiter comme un bon à rien et l'accusant de faire tourner les têtes pour nuire aux jeunes hommes du village. Voulait-elle donc tuer tout les mâles ? Sorcière.
  Eliette se serait bien passée de ces réflexions mauvaises mais elle y voyait une certaine vérité. Sa beauté était un cadeau empoisonné.
  Elle avait du mal a déterminer elle-même ce qui faisait la différence entre son corps et celui des jeunes filles de son âge. Son visage n'était pas parfait, elle avait des hanches trop larges, et une tâche de naissance sur sa cheville.
  Rien de bien affriolant. Mais même son père la considérait comme un objet de convoitise et elle avait bien du mal à ne pas le croiser le soir et à fuir sa couche.
  Sa propre mère était jalouse d'elle quand elle aurait souhaité de tout son être qu'elle la plaigne et la protège.
  Ce soir elle allait souffrir en rentrant. Il allait encore la punir et ensuite l'obliger à se faire pardonner. Elle allait encore être salie et utilisée, elle allait encore avoir envie de mourir.
  Mais ce qui faisait la différence, c'était que maintenant elle attendait un enfant, et pas celui d'un porc, non.
  Celui d'un homme qui n'était resté qu'un mois dans son village et qui était reparti dans sa roulotte avec ses compagnons pour remonter son théâtre de marionnettes plus loin dans la région et encore plus loin chaque fois.
  Il n'avait jamais cherché à la posséder, il ne l'avait jamais considéré comme un objet à convoiter. Il la regardait comme s'il voyait son âme et n'avait cessé tout le printemps de lui chanter des chansons en la ramenant du moulin, partageant sa charge.
  Il ne lui demandait rien en retour et il avait eu un drôle de regard la première fois qu'elle lui avait spontanément ouvert son corsage devant le nez. Il l'avait relacée avec gentillesse mais fermeté et n'avait plus rien dit.
  Pendant deux mois elle 'n'avait plus rien proposé trop heureuse de ne pas avoir à payer un service qu'elle ne demandait pas.
  Et puis un soir qu'elle sortait de chez elle pour échapper à son père elle l'avait trouvé sous sa fenêtre, il l'avait prise sous son bras, et emmenée au bord de la rivière pour qu'elle se calme.
  Elle avait pour la première fois osé dire ce qu'il se passait sous son toit, et terrifiée d'avoir avoué ce crime dont elle se sentait si coupable et qui la salissait tant, elle avait voulu partir, et il l'avait retenu.
  -"Eliette, il n'y a rien de sale en toi, c'est autour de toi que les choses le sont, et c'est pour cela que tu illumines ton entourage et qu'ils te veulent pour eux, ils ont envie de te posséder ou de te salir.
  Un jour je voudrais que tu réalises qu'ils n'ont pas de prise sur toi, tu peux les dominer tous, tu peux te jouer d'eux tu peux utiliser toute cette lumière à ton avantage."
  il avait caressé avec tendresse son épaule et pour la première fois elle avait eu envie, quelque chose qui venait d'elle et qui lui tordait le ventre, elle avait eu envie de cet homme, et cette fois il ne s'était pas dérobé, il s'était laissé couvrir de baisers généreux et reconnaissants, il s'était laissé enlacer et attiré entre ses jupes et lui avait répété qu'il ne continuerait rien sans qu'elle le désire au plus profond d'elle même.
  Elle avait longtemps pleuré après son départ, et même jean, le fils du meunier n'arrivait plus à la dérider. Mais ce matin avait réalisé une chose merveilleuse, elle était enceinte et vu quelle avait réussit à fuir son père et les autres depuis
  la pâque elle était sûre de porter un petit de son saltimbanque.
  Elle vivait dans l'étable, elle se nourrissait des restes de sa famille qui devant son insolence ne lui accordait pas plus en échange des tâches croissantes qu'elle effectuait, mais elle s'en fichait, elle avait cet enfant.
  Et à bien réfléchir elle se fichait maintenant de Jean, elle se fichait de son père.
  Et déterminée elle repartie en direction du moulin.
  La colère montait en elle plus fort que son abattement, comme si son amant avait glissé en elle un germe de révolte qu'elle ne voulait plus étouffer.
  Jean se précipita vers elle avec des yeux qui auraient pu lui faire peur.
  -« Par ta faute j’ai reçu une correction dont je me serait bien passé. »
  Il avait bien conscience qu’elle n’y pouvait pas grand-chose mais il se sentait si frustré par les coups qu’il avait reçu qu’il avait une envie puissante de le lui faire payer à elle.
  Il lui attrapa l’avant-bras et la tira vers lui pour lui mordre à demi la joue, soulagé à peine par sa violence.
  La traînant vers l’arrière du moulin il eu du mal à l’empêcher de se débattre et c’est seulement quand elle lui décrocha son poing dans une côte qu’il du la lâcher.
  Elle avait le culot de se rebeller, cette traînée cette sorcière…
  Pas une seconde il ne réalisait qu’il ressemblait de plus en plus à son père à ce moment précis.
  Mais Eliette, elle, s’en rendait compte, et elle souhaita intensément à ce moment arriver à lui faire peur, arriver à lui rendre cette violence, le sang qui coulait de sa morsure devait lui donner l’air d’une harpie.
  Il leva son bras, prêt à lui décrocher la mâchoire et c’est la sienne qui vola en éclat par l’autre coté.
  L’hélice du moulin s’était remise en route, l’aile avait pris de la vitesse et emporté la tête de jean avec un peu de résistance.
  La jeune femme pour la première fois avait éé sauvée par la vie d’un de ses bourreaux et elle se promis que ce ne serait pas la dernière…
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kilou
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Inscrit le: 14 Juil 2008
Messages: 7

MessagePosté le: Lun Juil 28, 2008 12:56 pm    Sujet du message: je sais je parle trop.... Répondre en citant

  je sais je parle trop, mais quand je lis vos nouvelles, ça me donnen encore plus envie d'en écrire. je savoure aussi chaque lecture et le transport dans chacun de vos univers. merci a vous tous de ce partage.
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