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Semaine 10 : Horreur

 
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Dee
Ecrivain


Inscrit le: 10 Mai 2007
Messages: 40

MessagePosté le: Sam Mar 29, 2008 11:11 am    Sujet du message: Semaine 10 : Horreur Répondre en citant

  Date de début : 30/03/2008
   Date de fin : 06/04/2008
   Thème : Horreur
   Taille min : 1 page A4
   Taille max : 2 pages A4
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brendigoo
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Messages: 55

MessagePosté le: Mer Avr 09, 2008 11:52 am    Sujet du message: HEGOR Répondre en citant

  Lisa se réveilla au son du carillon d'Aucamville. Sept coups, pour sept heures, puis la cacophonie qui annonçait la première messe de la journée. Avec le retour des beaux jours, la jeune fille prenait plaisir à se lever une heure plus tôt. Le car scolaire ne la prendrait que d'en deux heures, ce qui lui laissait largement le temps pour déjeuner, jouer avec Mégot, son Cavalier King Charles, et papoter avec son père, si une de ses expériences ne l'accaparait pas trop.
  Des rayons de soleil filtraient à travers les interstices des volets et les effluves appétissantes de la boulangerie lui parvenaient. La journée s'annonçait prometteuse.
  Lisa s'assit dans son lit et s'étira comme un chat. Son crâne la chatouillait. De sa main droite, elle se gratta un peu les cheveux, puis un peu plus encore, et finalement, dut y aller de ses deux mains tant la démangeaison devenait insupportable. Quand elle estima que continuer davantage finirait par la laisser ramasser des bouts de son cerveau elle s'arrêta. Des morceaux de chair rouges et visqueux lui collaient aux mains. La panique la saisit. Sa première réaction fut de s'essuyer sur son dessus-de-lit pour faire disparaître ces lambeaux imbibés de sang. Bientôt celui-ci ne tarda pas à être maculé de traînées rouges et grumeleuses.
  La jeune fille s'enfuit dans sa salle de bain, en proie à une panique qui devenait de plus en plus incontrôlable. La matinée ensoleillée venait de céder la place à un cauchemar dont elle craignait le dénouement.
  Elle passa sa tête sous le jet de la douche. Un goût de rouille se glissa dans sa bouche alors que l'eau rougeâtre lui ruisselait sur le visage. Au bout de quelques minutes l'eau redevint claire. Lisa se sécha les cheveux, en les tamponnant. Comme la serviette ne marquait pas elle se sentit légèrement rassurée. Elle regarda alors la douche où les grappes de chairs s'étaient accumulées. L'eau finissait de s'écouler par le siphon en émettant un borborygme peu ragoûtant . Le petit cache en plastique ne laissait presque plus passer le liquide à cause des amas agglutinés. Lisa eut alors l'impression qu'un phénomène tout à fait anormal se produisait. Elle se rapprocha pour vérifier, avec les précautions que la crainte lui intimait de respecter. Elle n'avait pas rêvé, certains morceaux bougeaient. Deux des grumeaux oblongs se tortillaient dans une chorégraphie teintée d'agonie.
   - Paaaaaapaaaaaaaaaa !
  S'il y avait bien une personne qui s'y connaissait en créatures étranges, c'était son père. Lisa se réfugia dans l'entrebâillement de la porte, au cas où l'un des morceaux aurait la mauvaise idée de lui bondir dessus. Elle réitéra son appel et son père finit par arriver. Ses petits yeux myopes étudiaient un bocal où bourdonnait un grosse abeille tandis qu'il finissait de gravir les escaliers.
   - Qu'est-ce qu'il y a, ma chérie ? » demanda-t-il sans lever les yeux de son sujet d'étude. Sa voix ne trahissait aucune inquiétude.
  Lisa l'empoigna par la manche et le força à se rapprocher de la douche.
  - Oh là, doucement, ma puce, tu vas faire tomber mon bocal. Et crois-moi, il vaut mieux pour nous que cette délicieuse Sprygma ne viennent pas batifoler parmi nous. Tu sais que son dard ...
   - Regarde. » le coupa Lisa.
   - Quoi ?
   - Là. Dans la douche.
   Monsieur Dorval leva un sourcil interrogateur. Quel mauvais tour lui préparait sa fille ? Prudent, il posa son bocal sur l'étagère du lavabo, puis ajusta ses petites lunettes sur son nez busqué avant de se pencher. Il se redressa et toussa dans son poing pour s'éclaircir la gorge.
   - Ma puce, assieds-toi, il faut qu'on parle.
   Lisa ne comprenait pas. Elle recula dans le couloir et s'appuya contre le mur.
   - Vas-y, je t'écoute, dit-elle, en essayant de se donner une contenance.
   - Tu vois, les femmes mettent au monde les enfants. Une capacité inouïe qui s'accompagne de certains désagréments...
   Les yeux de Lisa s'arrondir à mesure qu'elle réalisait ce que voulait lui dire son père.
   - Papa, si tu est train de me parler de mes règles ou d'une connerie dans le genre, je préfère t'arrêter tout de suite. Cela fait plusieurs mois que je les ai, et je n'ai pas attendu que tu viennes me voir pour m'expliquer ce à quoi je dois m'attendre. Alors, retourne dans la salle de bains, examine ces ...ces trucs ... de plus près, et dis-moi comment il se fait qu'une partie de mon cuir chevelu se mette à se tortiller.
   - Tu as tes règles ? » fut tout ce que Monsieur Dorval, imminent entomologiste, réussit à prononcer comme commentaire.
  Le regard noir de sa fille le décida à obtempérer. Il sortit un pincette de la poche de son veston et ramassa un morceau qu'il fourra dans un petit bocal. Il rabattit la loupe articulée qui était fixée à son front par un arceau et examina sa capture. Au bout de quelques secondes, il s'exclama.
   - Par le fondement de Promethée ! Il faut absolument que je vérifie ça.
  Sans donner plus d'explications à sa fille, il dévala les escaliers deux par deux et se réfugia dans son laboratoire. Lisa entendit la porte claquer. Elle regarda les morceaux qui gisaient encore dans la douche. Elle s'apprêtait à descendre rejoindre son père quand un autre fait inhabituel attira son attention. Les morceaux restants avaient grossi et changé de forme. Des tentacules en sortaient et tâtaient les alentours comme s'ils cherchaient de la nourriture. De plus en plus terrifiée, mais en même temps fascinée, Lisa observa la scène, prête à bondir en arrière à tout moment. Un des tentacules plus longs que les autres s'engouffra dans le siphon. Son corps ondula à mesure qu'il grossissait, comme si une substance circulait à l'intérieur. Le morceau auquel il était relié gagnait en volume également. Bientôt le tentacule fut si gros que Lisa entendit les craquements du Siphon. Soudain le revêtement de la touche éclata et Lisa cria de terreur tout en bondissant jusque dans le couloir. Elle se rua vers le laboratoire de son père, manquant se casser la cheville dans les escaliers et beuglant le nom de son père avec des modulations dignes des plus grands castra, voire des castra au moment de leur opération.
  Elle arracha presque la porte en la poussant. Son père se retourna sur son tabouret rotatif pour lui faire face, un large sourire aux lèvres.
   - Tu sais ce que sont ces morceaux, ma puce ?
   - Papa, écoute-moi, là-haut, les morceaux, ils...ils...
   - Calme-toi, chérie. Viens plutôt voir dans mon microscope. C'est tout simplement fascinant.
  Lisa hésita. Elle décida finalement de jeter un oeil en vitesse. Des centaines de petits créatures abominables grouillaient de façon apparemment désordonnée.
   - Qu'est-ce...qu'est-ce que sait que ce machin ?
  Elle passa sa main dans ses cheveux pour s'assurer qu'il ne restait pas une de ces bestioles.
   - Ca, mon coeur, dit-il avec passion, c'est mon futur Nobel de biologie. Tu as devant toi une espèce jamais répertoriée jusqu'à ce jour. Le plus fort c'est que je n'ai même pas eu à la traquer. Tu as vu. Toutes ces bêtes minuscule collaborent comme les cellules d'un animal. Incroyable. On dirait une créature sociale, comme les fourmis ou les abeilles, mais qui aurait poussait la collaboration jusqu'au niveau de compétence des cellules. Elles sont capables de construire des maillons solides, peut-être aussi résistant que du métal. Je ne sais pas. Il faudra que je vérifie. Et puis...
  Il s'interrompit. De grands coups venaient de retentir. Il se leva et ouvrit la porte. Un tentacule gigantesque martelait l'escalier à mesure qu'il descendait.
  Des sortes de mains jaillirent de l'extrémité. Sans prévenir le tentacule se propulsa droit vers le visage de Lisa. La main à sept doigts se referma sur sa tête et l'immobilisa, alors qu'un autre tentacule, plus petit, sortait de la paume et s'introduisait dans sa bouche, puis dans son oesophage.
  
  Lisa se réveilla, en sueur. Elle toussa, cracha, et se toucha le visage à plusieurs reprises. Il faisait encore nuit. Elle regarda l'heure. Trois heures du matin. « Un mauvais rêve, pensa-t-elle. ». Ses cheveux la démangèrent, et soudain, la panique ressurgit. Elle appela son père. Celui-ci s'assit à son chevet, dans sa robe de chambre. Il examina sa tête.
   - Des poux, conclut-t-il. Ce ne sont que des poux. Ou peut-être des puces.
   - Que des poux ? » rugit Lisa. « Tu n'imagines même pas de quoi ils sont capables. Il faut les exterminer avant qu'il ne soit trop tard. »
  Son père se demanda d'où lui venait cette soudaine aversion si prononcée pour les poux, ni ce qu'elle entendait par ce dont ils pouvaient être capables. Après un shampouinage en bonne et due forme, Lisa resta dans son lit, son père à ses côtés, puis finit par se rendormir.
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Lerrys



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MessagePosté le: Lun Mai 12, 2008 2:50 pm    Sujet du message: Répondre en citant

  Il y a un trou dans mon corps. D’aussi loin que je me souvienne, jusqu’à la naissance de mes souvenirs, il y a toujours eu cet abîme béant où retentissent d’interminables échos qui se répondent et se contrarient. Toutes ces voix qui tout au long de ma vie m’ont empêché d’être ce que j’aurais dû, ce que j’aurais voulu être. Tout le monde entend ces voix, elle vous envoie tous ces messages contradictoires qui en permanence vous font douter de vos choix, de vos actes. Je veux être aimé, j’ai peur d’être aimé. Je suis entouré, choyé, je me sens seul. Je suis heureux, je suis angoissé. J’aime les cacahuètes, je suis allergique.
  
  Dans mon enfance, ce genre de réflexion ne trouvait guère à s’exprimer. Lorsque l’on manque de tout, c’est le manque de repère qui apparaît comme le moins essentiel alors que c’est lui qui détermine le reste. Alors je marchais, je marchais avec mes amis, ma famille ; mes professeurs, des inconnus. Je marchais sans jamais partager ce que j’éprouvais. Ma famille n’aurait pas compris, mes amis se seraient moqués, bien qu’ils n’eurent pas besoin de cela pour se montrer cruels, quant aux autres empêtrés dans leur propre confusion ils n’en avaient cure. Le soir seul dans mon lit, je me laissais aller à exprimer ce que je ressentais, je pleurais et le trou béant se refermait petit à petit pour mieux se reformer quand l’aube fatalement venait pointer le bout de son nez. Comme un rituel journalier, je continuais d’avancer dans l’enfance, l’adolescence en cachant mes émois, mes doutes et le malaise qui s’emparait de moi tout les soirs.
  
  Cette faiblesse était si difficile à contenir, si dure à dissimuler. L’année de mes 9 ans, alors que je visitai mon meilleur ami, son père entra dans la pièce répugnant d’alcool, de vice et de haine. Jamais je n’eus été la cible de ses assauts de peur que mes parents ne l’apprennent mais il s’agissait pour mon pauvre ami de son quotidien. Cependant ragaillardi par ma présence il refusa de suivre son père dans la pièce adjacente, celui-ci se retourna alors, le regard empreint de la froideur de tous les bourreaux que l’histoire avaient engendrés. Il tomba sur son fils comme le couperet sur la nuque d’un condamné. Je tentai en vain de réagir mais que pouvais-je faire à part regarder les coups pleuvoir et le visage de mon ami se violacer comme un fruit flétri. Son père finit par s’arrêter et quitter la pièce sachant que son fils n’avait fait que retarder l’inévitable outrage. J’aurais alors voulu le prendre dans mes bras, pleurer avec lui, partager sa douleur comme l’on partageait nos repas. Mais je ne pouvais pas, je ne devais pas mettre à jour cette fragilité que l’on m’aurait tôt ou tard reprochée. J’aurais pu en parler en rentrant chez moi mais pire que la colère j’aurais dû faire face à cette indifférence glacée que développent les adultes pour le sort d’autrui.
  
  Alors que certains vous diront que l’amour est le sentiment le plus puissant, affirmations sans fondement de personnes qui cherchent à taire leurs propres tourments par quelques couvertures chaudes et rassurantes, je vous affirme, moi, que la peur est le sentiment le plus puissant et le plus dévastateur que l’âme humaine ait jamais porté. La peur vous freine, la peur s’empare de vous pour ne plus jamais vous lâcher, elle vous isole et se nourrit de votre essence pour n’en laisser qu’un automate brisé, errant sans but.
  
  Un jour, alors que je me hâtais de me coucher pour retrouver cette intense sensation que je chérissais, je connus le plus grand effroi de mon existence. L’attente se faisait longue et j’avais envie de pleurer mais toute l’ironie était là, je ne pouvais pas. Les larmes ne coulaient plus, ma vie ne se déroulait plus du fond de mon lit. Les émotions étaient parties et j’étais seul dans le noir que j’aurais voulu oppressant. Il ne restait que ce trou béant dans mon corps.
  
  Dés lors, le monde devint immatérielle, perdant son odeur, sa saveur, ses couleurs, sa texture. Comme un mauvais drame psychologique, la vie se déroulait devant mes yeux sans que je n’y pris part une seule fois ou que je m’y impliquasse émotionnellement. Alors que je perdais les gens que j’aimais, que les opportunités se fermaient à ma chance, je regardais passivement le monde s’éloigner persuadé de ne pouvoir le changer et n’ayant même pas l’envie d’essayer. Car je n’entendais plus les échos dans un néant silencieux et moqueur. Ne devais-je plus jamais rien ressentir que cela ne pouvait guère m’attrister. Comment alors faire les choix déterminants qui guideront ma vie ? Ce que je sais maintenant c’est que quoique j’eus décidé à ce moment, quelque soit les personnes que j’aurais pu croiser ce choix n’aurait pas été le bon. Cependant je dois dire que celui-ci fut vraiment le plus mauvais de tous.
  
  Lorsque l’on m’a proposé de participer à ce braquage je n’y voyais là qu’une aventure rocambolesque à l’image des vieux films truffés de cascades et de bons mots. La mort, les pleurs, l’horreur n’avaient aucune consistance et semblaient si anodins. Mais dans la réalité, les choses ne sont jamais conformes à nos fantasmes. Quand le premier coup de feu est parti, la terreur a envahi les gens, déformant les visages dans une expression mêlant effroi et surprise. Puis quand tout a dérapé, à la peur a succédé l’horreur. Lorsque la balle perdue a atteint le visage de la jeune femme, une beauté morte remplaça à jamais la fraîche jeunesse qui caractérisait sa personne alors que son œil tel un pendule oscillait le long de son visage. Pris de panique deux personnes se levèrent et coururent vers la porte avant d’être à leur tour transpercés. La détonation avait couvert le bruit de craquement macabre qu’avaient rendu les os du premier alors que la balle atteignait sa colonne. Le second, lui, avait vu sa jambe traversée de part en part, la balle emportant en cadeau d’adieu des morceaux de chair et de muscle. Je m’approchai alors et contemplai la souffrance sur leurs visages en larmes et pour la première fois depuis très longtemps je ressenti enfin quelque chose : le remords, la honte. Je me penchai afin de faire pression sur sa cuisse dont les tendons étaient à vifs et à moitié déchirés. Je n’entendis pas la police faire irruption dans la salle.
  
  Et alors qu’il y a un trou dans mon corps, que les alarmes retentissent autour de moi, que j’entends les coups de feu échangés, que je sens le contact chaud et doux du sang sur ma peau et dans ma gorge comme un nectar suffoquant, je vois pour la première fois la réalité telle qu’elle aurait du être et j’entends un écho de regret emplir le vide. Je l’accepte, je souris et je meurs.
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ath
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Inscrit le: 29 Mai 2007
Messages: 20

MessagePosté le: Ven Juin 06, 2008 5:20 pm    Sujet du message: Répondre en citant

  Et un cadavre de plus, à laver, préparer, enrouler de draps propres et frais.
  Un cadavre dont il faudra essuyer les écoulements avec rapidité pendant que Jean le tiendra sur le coté en se faisant mal au dos.
  Un cadavre dont on devra fermer les yeux et la bouche pour qu'il n'effrait pas plus que de raison sa famille.
  Pourtant ce cadavre est un reste froid tiède et inerte de quelqu'un que j'aimais bien, d'un patient adorable qui me souriait malgré la douleur quand il savait que je serais là pour veiller sur sa nuit.
  Un patient qui racontait avec émerveillement ses visites du jour, les rires de sa petite fille, la fatigue de sa fille, le goût exquis des petits plats de sa femme.
  Et me voilà à devoir prendre soin une dernière fois de lui et j'ai beau répéter ce mot: «cadavre» il me semble impossible que cela le concerne réellement.
  Je n'arrive pas à me résoudre à toucher ce corps sans y imaginer une étincelle de présence.
  Jean lui a déjà commencé. Il essuie sa peau avec des draps. Ses fesses, ses parties sont savonnées énergiquement, rincées et essuyées.
  Et moi je n'arrive pas à rentrer dans le soin, je n'arrive pas à prendre l'initiative d'y aller, de le toucher. Comme si la mort lui donnait encore plus d'importance dans mon regard, comme si je devais encore plus le respecter.
  Jean lève la tête: - « ça va Julie »?
  - « Non, j'ai la nausée excuses-moi. »
  Je sors...
  Je passe devant sa famille éplorée et je m'arrête.
  Sa femme tremble et pleure à la fois. Je prend sa main et elle se jette à mon cou.
  je ne sais pas comment je parvient à retenir mes propres larmes mais je sent à ce moment précis que quelque chose se passe, quelque chose qui me donne des frissons, une intensité si humaine et si forte que j'en suis aussitôt apaisée.
  Cette femme se repose sur moi et je puise la force de la soutenir dans la confiance qu'elle m'offre.
  Jean a terminé seul et nous ouvre la porte. Il est l'heure pour moi de retourner près de mes collègues dans la salle de pause. Mais je suis sûre d'une chose, mon patient n'est pas un cadavre, il est dans le cœur de sa femme.
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kilou
Apprenti écrivain


Inscrit le: 14 Juil 2008
Messages: 7

MessagePosté le: Lun Juil 28, 2008 12:33 pm    Sujet du message: mon avis vous interresse? lol Répondre en citant

  pas mal du tout tout ça!!!!
  
  rico, terrible!! j'ai eu l'impression de me voir (j'attrape des poux tous les ans!!!! et oui même a 22 ans!!)
  
  lerrys, super emouvant. j'aime ces reflexion personnelle, ces pensées a voix hautes (ou plutot a ecrits posés). totalement charmée.
  
  ath, merci de nous faire partager ton quotidien, et les emtions que tu ressent. merci d'etre vraie.
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