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Emulation semaine 7 : sauge

 
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brendigoo
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Inscrit le: 06 Mai 2007
Messages: 55

MessagePosté le: Dim Fév 17, 2008 8:38 pm    Sujet du message: Emulation semaine 7 : sauge Répondre en citant

  Date de début : 18/02/2008
  Date de fin : 24/02/2008
  Thème : sauge
  Taille min : 1 page A4
  Taille max : 2 pages A4
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ath
Ecrivain amateur


Inscrit le: 29 Mai 2007
Messages: 20

MessagePosté le: Jeu Fév 28, 2008 9:44 pm    Sujet du message: Sauge Répondre en citant

  La sauge infusait depuis un moment dans le récipient martelé qui logeait sur les cendres de l’âtre. De temps en temps Sarah attisait avec son soufflet pour redonner de la rougeur à ce qui semblait être mort et l’on voyait l’eau frémir doucement.
  Ses seins lui faisaient mal, tendus et brûlants. Sa chemise, comme celle de Ruth, Marie et Salomé, avait des auréoles humides qu’elle n’essayait même plus de masquer.
  Elles n’avaient put sauver qu’un petit… un seul.
  Ils avaient transpercé les trois autres de part en part, et pour Joshua on avait même entendu les côtes craquées.
  
  Moïse son époux était allongé dans le lit de la pièce, encore inconscient, mais sauf. Il avait voulu s’opposé au massacre et avait eu de la chance de ne pas finir empaler comme son premier né.
  Salomé n’osait pas encore sortir son fils de dessous la panière de linge, elle avait peur de le réveiller et d’alerter les voisins, elle savait qu’il avait du être secoué fortement quand un des gardes avait balancé avec fureur l’ossature en osier remplie à ras bord de tissus, mais le miracle s’était produit, il n’avait pas dit un mot.
  
  C’est donc Sarah qui se dirigea vers l’enfant pour vérifier qu’il n’était pas étouffé et qui le porta à sa mère, le visage dévasté par ses larmes silencieuses de reconnaissance.
  Elle versa l’infusion de sauge dans trois bols en bois et les distribua à Ruth et Marie sans s’oublier elle-même.
  Avec un peu de chance elles seraient au moins physiquement soulagée de la douleur dans leur poitrine dans deux jours, en ne buvant que cela pour drainer et ne plus avoir de lait.
  
  Le liquide chaud dans sa gorge l’irritait, elle rêvait en silence d’arracher l’enfant vivant aux bras de sa mère pour le porter à son propre sein, pour le garder près d’elle.
  Mais un seul regard vers le linceul ou gisait les trois petits corps assassinés dont son premier fils lui donna la nausée et elle s’éloigna rapidement de la salle pour vomir un peu plus loin que sur le pas de sa porte.
  
  Des hurlements continuaient à résonner de partout dans la ville, et elle restait aphone, incapable de sortir la rage de désespoir qui l’envahissait.
  Le sang souillait la rue ainsi que quelques cadavres qu’elle fuyait du regard.
  
  Quand elle rentra chez elle, son mari avait repris ses esprits et il était penché sur son enfant l’air hébété. C’est en réalisant qu’ils souffraient du même mal qu’elle eu l’idée salvatrice pour les apaiser ne serait-ce qu’un instant. Elle monta sur l’échelle qui donnait sur les planches installées au dessus de l’étable et elle tira du sommeil sa fille de trois ans pour la glisser contre elle.
  Une fois en bas elle s’approcha encore silencieuse de son époux et déposa dans ses bras ballants le petit corps ensommeillé auquel il se raccrocha fermement.
  Elle recouvrit les trois petits corps sacrifiés et rejoignit Moïse pour caresser la tête de Noémie.
  
  Marie et Ruth s’étaient endormies d’épuisement. Salomé allaitait, laissant apparaître sur son visage un soulagement évident. Et leur fille replongeait dans le sommeil comme si ses petites oreilles innocentes ne comprenaient pas le sens des cris venant du dehors.
  Il leur faudrait partir rapidement maintenant, pour protéger ses sœurs et son neveu. Qui pouvait lui assurer que la prochaine fois ils n’assassineraient pas les premières nées.
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brendigoo
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Inscrit le: 06 Mai 2007
Messages: 55

MessagePosté le: Dim Mar 02, 2008 1:46 pm    Sujet du message: Sauge qui peut ! Répondre en citant

  Nous sommes couchées, huit cent vierges romaines, étendues sur le marbre glacé du palais du sénateur Confucius. Il déambule parmi nous, à grandes et lentes enjambées. Sa toge moirée et pesante glisse sur les dalles avec un crissement de métal tandis qu'il contemple nos corps dénudés avec un oeil froid et appréciateur. La surface lisse et dure me brûle le dos, les fesses et les épaules. Chaque point de ma peau qui est en contact avec le marbre est cautérisé à la pierre, et à travers cette suture contre nature, la douleur s'insinue et pulse dans ma chair comme une flèche hérissée de piquants que l'on ferait aller et venir. Ma bouche est crispée dans un rictus de douleur. Seuls mes yeux sont encore mobiles. Ils s'agitent, tournent dans leurs orbites, apeurés et frénétiques, étudient les alentours à la recherche d'une échappatoire à ce calvaire. Au plafond, une immense fresque montre deux hommes musculeux qui se pointent mutuellement du doigt. Leurs index se touchent presque. L'un est jeune et nu, avachi sur une pente herbeuse, l'autre est un vieillard grisonnant, paré d'une draperie rose, et soutenu dans les airs par des chérubins.
  Confucius s'arrête un instant au dessus de moi. Il lisse ses fines moustaches, ajuste son monocle d'améthyste et se penche pour mieux m'étudier.
  - Tu es laide, déclare-t-il avec dégoût.
  Puis, il s'en va.
  Ce n'est pas la première fois que le sénateur se comporte de cette façon. Depuis trois jours que je suis ici, il a adressé le même constat étrange à plus d'une dizaine d'entre nous. Il a aussi tâté la poitrine à quelques autres et étranglé sans prévenir une qui ne devait pas lui revenir. Je l'ai vu parce qu'il s'agissait de ma voisine de gauche. Elle n'a pas bougé d'un pouce pendant qu'il refermait ses deux énormes battoirs sur sa gorge blanche et la pressait jusqu'à ce que la dernière once de carnation abandonne son visage angélique. Avant de mourir, son oeil droit s'est affaissé, puis, dans un ultime soubresaut, sa pupille m'a fixé quelques instants . Je l'ai vu pleurer, un filet transparent qui se tarissait au bas de sa mâchoire, pour atterrir sur le sol après avoir pris la forme d'une goutte.
  
  Je ne peux pas bouger. J'impute ma paralysie aux gouttes d'eau qui tombent du plafond dans ma bouche et qui sont ma seule source d'hydratation. Le sénateur ne nous nourrit pas, et cette eau qui suinte est la fois mon unique salut et un supplice innommable. Car la soif me tenaille. Si les gouttes m'empêchent de mourir, elle ne satisfont pas ma bouche rêche et mon oesophage irrité. Sans compter que leurs impacts répétés sur ma langue – une chute de plus de trente mètres – ont fini par la cloquer, de sorte que chaque nouvelle goutte enflamme ma bouche comme un tison chauffé à blanc directement appliqué dessus.
  
  Je me remémore les événements qui m'ont conduit dans ce palais infernal.
  Munie d'une serpe de bronze, je récoltais la sauge sur les pentes du Caelius, à l'ombre des chênes centenaires majestueux. Une brise printanière flattait mes narines des essences de romarin, de thym, ainsi que des lointains remugles de la ville basse. En dépit de tous les progrès technologiques accomplis, Rome dégage des relents rances et fétides à cette époque de l'année. Le prêtre qui nous accompagnait veillait au bon respect des règles divines. La sauge est une plante bénie, qui doit être ramassée selon des règles bien précises. Vingt autres jeunes vierges arpentaient les environs, comme moi.
  En déposant les feuilles dans mon panier, j'aperçus un homme qui gravissait la colline. Le sénateur Confucius, du moins est-ce ainsi qu'il se présenta à notre prêtre.
  Le reste est très confus. Je me rappelle que le soleil a soudainement disparu sous une sorte de cloche qui recouvrait une bonne partie du Caelius. Cela n'a duré qu'une seconde. L'instant d'après, j'étais dans un décor fait de métal à outrance, une salle exiguë, dépourvue de fenêtre, en compagnie des autres filles qui participaient à la récolte. Le plafond a libéré un gaz et nous nous sommes endormies avant de réaliser ce qui nous arrivait.
  A mon réveil, j'étais étendue dans cette immense pièce, le corps rigide et douloureux, ma bouche à-demi ouverte, avec ma langue déjà en feu.
  
  Quelqu'un vient. Le sénateur s'est arrêté de marcher et regarde dans la direction de nouveau venu. Une femme, si je m'en réfère à sa poitrine opulente, s'approche de Confucius. Ses cheveux noirs remontent au dessus de sa tête et forment une sorte de lame démesurée. Des épaulettes mauves lui confèrent un air majestueux, impression que vient renforcer sa cape zébrée d'éclairs et ses hautes bottes carmin. Si Pluton était une femme, il serait tout à fait probable de penser qu'elle se tient en ce moment dans cette salle avec nous.
  Elle prend la parole, d'une voix à la fois suave et puissante.
  - Mes chéries, mes adorables chères petites vierges romaines. Vous devez sans doute vous demander la raison de votre présence ici. Il serait extrêmement discourtois de ma part de ne pas vous mettre au courant.
  Elle fait un signe de la main et Confucius quitte la salle.
  - Aujourd'hui nous commémorons le deux millième anniversaire de la fondation de notre ordre, les Rédempteurs de Satan. Vous êtes ici pour célébrer cet événement par le biais de votre sacrifice. Demain, des millions d'écrans géants implantées sur tous les mondes de la Nouvelle-Génèse diffuseront les images de votre glorieuse et lente agonie, et je serai là, en personne, pour vous accompagner dans cette épreuve.
  Cette femme est folle. Je ne comprends pas tout ce qu'elle dit, mais la perspective de mourir pour une raison qui m'échappe me révolte plus qu'elle ne m'effraie. Cela fait plusieurs jours que j'ai perdu tout espoir de revenir auprès des miens, et je m'étais déjà faite à l'idée de mourir. A ce stade, je demande seulement de comprendre, comprendre un peu ce qui justifie ces actes de barbares.
  - Nous avons longuement délibéré avant de statuer sur le thème de cette commémoration. Nos archivistes-théologiens nous ont finalement proposé la Sauge. L'enfant Jésus aurait échappé à la mort grâce à un plant de sauges. Pendant plusieurs siècles, cette plante a été considérée comme la panacée, la plante miracle, celle qui peut tout guérir, celle qui défie la mort. Nous avons donc espoir que Satan rachète sa place à la droite de Dieu à travers cette plante. Nous aurions pu ramener cette plante pour un faire un grand champ, mais il nous fallait quelque chose qui accroche mieux à l'écran. De tout temps la mise à mort a toujours été, de très loin, ce qui fascine le plus le public. Nous avons donc cueilli à travers les différents espaces-temps les filles qui récoltaient cette plante sacrée. Rassurez-vous, vous ne serez pas seules. Nous avons aussi des druides, des chamanes, ainsi que bonne partie des illuminées d'époques beaucoup plus récentes qui ont intégrés ce symbole dans leur religion.
  Je commence à comprendre. Nous serions les victimes sacrificielles de quelques barbares inconnus de Rome.
  Je ferme les yeux et attends mon heure.
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Lerrys



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MessagePosté le: Mar Mai 13, 2008 7:13 pm    Sujet du message: Répondre en citant

  Sarah remontait lentement le sentier recouvert de limons et de vase. Sa récolte reposait tranquillement dans un panier d’osier qu’elle portait sur son dos. La côte était abrupte et elle se demandait si elle s’y habituerait jamais. Mais elle n’avait pas le choix, elle devait perpétuer le sceau familial et remplir son rôle. Elle savait que c’était là son lot mais elle ne pouvait s’empêcher de rêver à l’aventure quand elle voyait les hommes tirer les ralons en partance pour une quelconque expédition. La jeune fille, malgré ses 17 ans révolus, portait sur elle le poids d’un âge bien plus avancé. Son dos courbé, ses traits tirés par les embruns lui ajoutaient 10 ans au bas mot. Elle arrivait en vue de Fort Kachin quand elle entendit derrière elle une petite voix l’appeler, il s’agissait de son cousin Bator. Le frêle garçon semblait agité, plus qu’à l’accoutumée.
  
  - Sarah, Sarah !!
  - Que fais-tu là toi ? lui dit elle sur un ton quasi maternelle. Il faut dire que Bator étant orphelin, Sarah avait joué le rôle de nourrice pour son frère et lui. Elle était devenue très protectrice envers Bator du fait de sa fragile constitution.
  - La marée sera là dans moins d’une heure, tu devrais déjà être à l’intérieur des murs. Un jour tu te feras surprendre par les eaux, je te l’ai déjà dit.
  - Mais c’est Père qui m’envoie, il souhaite te voir de toute urgence, le préfet est venu à la maison avec le chef des marins.
  
  Sarah n’entretenait pas les meilleures relations avec son oncle. A ses yeux, il n’était qu’un sot adipeux et opportuniste qui avait acquis la garde du sceau en flouant son propre père de ses droits et qui ne prêtait guère attention aux membres de sa famille, pas même à ses propres enfants. L’homme le lui rendait bien d’ailleurs. Cependant comme Sarah avait besoin de travailler pour survivre et que son oncle ne pouvait se passer de ses services, car elle était la meilleure des agro-botanistes, il s’opérait entre eux une sorte de modus vivendi qui fonctionnait bon an mal an.
  
  - Allons donc, que me veut-il encore celui là ? Il ne lui suffit plus de m’envoyer au loin faire la ramasse, au péril de ma vie, il faut en plus que je lui consacre mon temps libre une fois rentrée !
  
  Elle se tourna vers Bator sachant que le pauvre n’y pouvait rien et son visage se radoucit.
  
  - Allons donc voir ce qu’il me veut.
  
  Sarah et Bator passèrent enfin les portes du fort. La naissance des murs disparaissait sous un monticule de mousse et de corail. Derrière eux l’eau s’approchait de plus en plus rapidement. Il était plus que temps qu’ils arrivent. Il est vrai que l’été, ils avaient un peu plus de temps avant que les eaux ne reviennent irrémédiablement à l’assaut des murs d’enceintes mais c’était justement à cette période que le plus grand nombre d’accidents avaient lieu car les gens étaient moins vigilants. Et quand les portes du fort se fermaient c’était pour ne plus se rouvrir avant la décrue du lendemain.
  
  Alors que Bator montait jusqu’au promontoire pour voire les eaux venir lécher la pierre jaunie, Sarah se dirigeait vers la demeure de son oncle. Le sceau des agriculteurs était organisé comme tout les autres. Au milieu d’une multitude de petites maisons disposées en carré, se tenait une impressionnante maison en pierre polie, occupée par le chef du sceau. Elle passa les colonnes, et poussa les massives portes en fer forgée. Elle trouvait toutes ces décorations ostentatoires mais son oncle aimait afficher sa richesse et son influence au sein du fort. Elle déposa son panier dans un coin de la grand salle et rejoignit son oncle et ses convives qui se tenaient debout autour de la table.
  
  - Mon oncle, tu voulais me voir ? Espèce de sale porc vénal. Que puis-je pour toi ? vieille baderne inculte.
  
  Pour quelqu’un qui aimait afficher sa richesse Olan ne prêtait que peu d’attention à son apparence, son visage était creusé de cicatrices laissées là par des infections diverses. Sur son front étaient collés quelques cheveux gras sans réelle raison et on aurait pu trouver dans sa barbe de quoi nourrir toute une tablée d’orphelins.
  
  - Approche toi Sarah et présente tes respects, lui dit-il sur un ton péremptoire.
  - Peut être devrais-je savoir à qui je rends hommage avant de m’exécuter cher oncle.
  - Un jour ton insolence te coûtera plus qu’une simple remarque de ma part, la menaça-t-il la voix emplie de mépris. Mais pas ce soir. Voici monsieur le préfet Igor, gardien des clés de Fort Kachin et voici Sarde, chef du sceau des marins.
  
  Alors que les deux hommes s’attendaient à une révérence, ils n’eurent droit en guise de salut qu’à un simple hochement de tête.
  
  - Loin de moi l’idée de me montrer effrontée en présence de visiteurs si importants mais ma journée fut longue et pénible et j’aimerais en venir au fait.
  
  Prenant son ton le plus ampoulé, son oncle répondit.
  
  -Soit. Comme tu le sais ma nièce, Fort Kachin comme tous les autres forts se trouve chaque soir entouré d’eau jusqu’aux remparts. Mais grâce à la clairvoyance des préfets de notre cité, dont vous pouvez vous targuer d’en être un fier représentant cher Igor, nous avons développé un programme d’agriculture marine, en exploitant entre autres les caves immergées du fort. Ce qui nous a donné un avantage non négligeable sur les autres forts de la région.
  
  Et c’est cela qu’il appelait aller droit au but ? Alors que son oncle déblatérait un flot interminable de paroles toutes plus inutiles et pompeuses que les précédentes, Sarah remarqua que Sarde ne la quittait pas des yeux. Tout d’abord intriguée, elle finit par se sentir gênée alors que le regard appuyé du marin s’accompagnait d’un léger rictus. Que pouvait-il bien regarder comme ça ? Etait-ce cet amas informe et jaune qui lui tenait lieu de chevelure qui le captivait ? Ou bien son attrayante silhouette en forme de jarre ? N’en pouvant plus du discours de son oncle et du regard concupiscent de son invité, elle finit par le couper.
  
  - La fin mon oncle. Vous gagneriez en clarté si vous saviez vous montrer plus concis.
  
  Si les yeux de son oncle avaient été des épées, la jeune femme ne serait déjà plus de ce monde pour leur prodiguer son expertise.
  
  - Très bien ma nièce, puisqu’il semble que vous n’ayez pas assez d’esprit pour comprendre ce que j’essaie de vous expliquer, je laisserai donc le soin à Sarde de vous en instruire.
  
  Sarde qui se tenait un peu en recul s’approcha de la table et y déposa un sachet. La jeune femme le prit, déroula la ficelle qui le fermait et le secoua pour en faire tomber le contenu dans sa main.
  
  - Un de mes navires a abordé un bateau de flibustiers à la dérive, il n’y avait plus personne à l’intérieur. Ils ont rassemblé ce qu’il y avait à prendre et sont partis. Une fois rentrés ils ont déposé la cargaison pour inventaire et on y a découvert cette plante, on s’est dit que peut-être vous pourriez nous éclairer sur sa nature.
  
  Sarah n’écoutait déjà plus le navigateur depuis un moment, tout excitée qu’elle était par cette découverte. Son front se plissait et se déplissait, elle reposait la plante avant de la reprendre, examinait tour à tour les feuilles puis la tige. Après l’avoir examinée un long moment sous toutes les coutures elle releva la tête plus perplexe que jamais. Et avec le plus grand sérieux elle leur dit.
  
  - Messieurs je ne veux pas m’avancer mais si cette plante est ce que je pense qu’elle est, vous venez certainement de faire la découverte la plus importante de l’histoire de ce fort.
  
  Les trois hommes la regardaient, salivant presque d’impatience, suspendus aux lèvres de la jeune femme qui dans d’autres circonstances se serait délectée de posséder un tel ascendant sur des hommes aussi puissants.
  
  - Je dois d’abord confirmer ma théorie auprès d’une experte mais si c’est ce que je crois, il y aura des décisions à prendre.
  
  Et abandonnant les trois gaillards dans la plus cruelle des expectatives, elle prit la plante et sortit de la pièce sans plus d’explications. Une fois dehors elle constata que la nuit était tombée. Elle se dirigea vers la maison du sceau la plus retirée et la plus délabrée. Il semblait que personne ne prenait plus le temps de l’entretenir. Elle traversait les rues à vive allure, elle n’avait jamais aimé sortir la nuit. L’omniprésence de la Lune se faisait moins sentir la journée mais la nuit celle-ci grossissait jusqu’à occuper la majeure partie de la voûte étoilée. Certains membres du sceau des scientifiques avançaient que la Lune était en fait un astre qui tournait autour de notre monde de façon désordonnée et que c’était pour cela que l’eau envahissait le sol à chaque fois que la Lune revenait. Mais même au sein de leur sceau, mineur au demeurant, ils n’étaient que peu écoutés. Cependant Sarah avait toujours eu une affection particulière pour leurs histoires qu’elle prenait plus pour des contes étranges que des vérités scientifiques.
  
  Enfin arrivée à la maison, Sarah frappa trois coups à la porte. Une voix usée et éraillée, bien qu’encore parfaitement audible, l’invita à entrer. Sarah pénétra alors dans la petite pièce dont la moitié seulement baignait dans la lumière de la lampe à huile. Dans la pénombre, une silhouette se tenait sur une vieille chaise qui menaçait de céder à chaque craquement.
  
  - Sarah, petit requin, tu reviens enfin me voir. Je commençais à penser que tu me croyais morte pour éviter ma porte ainsi, lui dit la voix sur un ton affectueux.
  - Voyons Lavia, si je te croyais morte tu penses bien que je serais venue récupérer l’argent que tu me dois encore des derniers coquillages que je t’ai apportés, lui répondit Sarah sur un ton mutin.
  
  Elle s’approcha pour embrasser la vieille femme. Lavia était la grande tante de Sarah, c’est elle qui lui avait enseigné son travail et qui en avait fait la meilleure agro-botaniste des neuf forts.
  
  - Je suis désolée de ne pas être passer te voir plus tôt mais Olan me surcharge de travail ces derniers temps.
  Quand Sarah prononça ce nom, Lavia la repoussa et cracha au sol.
  
  - Je t’ai déjà dit de ne pas prononcer ce nom dans ma demeure. L’aurais tu oublié ?
  
  Lavia ne portait pas Olan dans son cœur. Elle lui en voulait d’avoir détruit la vie des parents de Sarah en intrigant pour prendre la tête du sceau. La mère de Sarah était comme une fille pour Lavia et elle avait juré de ne jamais travailler pour Olan. C’est comme cela qu’elle s’était retrouvée dans la maison la plus miteuse du sceau à vivre de petites tâches ménagères qu’elle effectuait pour les habitants du fort.
  
  - Je suis désolée d’avoir prononcé son nom, mais il est hors de question que je nettoie le sol à ta place après ce que tu viens de faire, lui dit-elle en souriant. Comment vas-tu ma tante ?
  - Cesse ces fausses politesses Sarah, ça ne te ressemble pas. Tu es ici pour une raison précise alors autant me demander ce pourquoi tu es venue.
  
  Sa tante la connaissait décidemment trop bien.
  
  - Ma tante, des marins ont trouvé ceci à bord d’un navire de flibustiers abandonnés. » Elle sortit la plante de son écrin. « Après l’avoir examiné j’en ai déduit une chose impossible mais j’ai besoin de toi pour me le confirmer. Je pense que cette plante ne pousse que sur une terre asséchée.
  
  La vieille femme baissa les yeux vers la plante. La peur s’emparant de ses yeux, elle frappa la main de Sarah qui la laissa tomber par terre. Alors qu’elle se baissait pour la ramasser elle leva les yeux vers sa grand-tante. La vieille femme lui dit horrifiée.
  
  - Pourquoi as-tu amené cette plante maléfique dans ma demeure, as-tu perdu la raison ?
  - Mais ma tante qu’est-ce donc ?
  - C’est de la sauge, c’est la plante des Terres sèches, petite idiote !
  
  Sarah la fixa incrédule, voir sa vieille tante si pragmatique trembler devant un mythe, la laissait sans voix.
  
  A suivre....
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